Du trail, du beau, du vrai. Un CR un peu dense, en deux parties.
La 1ere partie, vous la retrouverez sous la forme d’un billet posté avant le trail. Cela résume assez bien la course, ce que j’allais y chercher, etc.
Vous trouverez cette 1ere partie ici : http://florent.my-siteweb.fr/2010/03/trail-de-vulcain-derniers-preparatifs/
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Dans la 2eme partie, vous trouverez le CR proprement dit… celui de l’après-course.
Un mot sur les infos de kilométrage, horaires et vitesses indiqués dans ce CR. Exemple :
28 km, 3h40, 8.3 km/h. Cela signifie 28 km depuis le départ, temps de course total 3h40, 8.3 km/h de vitesse sur le portion décrite précédemment.
Ce trail fut donc l’occasion de partir avec Virginie, tranquillement…. tout les deux.
Pour ma part la nuit a été pas trop mal. L’hotel pas cher à la hauteur de la réputation de ce genre de lieux : murs en cartons, vitres en papier mâché…. Bref, très bruyant, mais malgré tout bien plus confortable pour la course que de partir à 4h du matin de la maison. Avis non partagé par Virginie qui a passé une très très mauvaise nuit.
Au matin dégustation donc de mon gatosport offert par le magasin endurance shop qui me le proposait pour tester. C’est un truc au chocolat. La texture est pas géniale, ça fait assez chimique… Mais bon, ça reste assez bon et très digeste… et particulièrement adapté à l’effort dont il est question ici. Et facile à faire (les gatosport maison sont encore mieux mais j’ai pas le courage, vraiment….)
Arrivés sur les lieux relativement tôt nous allons à la recherche du dossard. On se trouve une petite place pour les derniers préparatifs. Bon, je m’étais déjà tout préparé à l’hotel alors c’est vite fait… et puis il y a de la place, nous sommes là assez tôt.
Direction dehors pour le contrôle des sacs pour la matériel obligatoire. C’est la 1ere fois que je me soumet à ce genre de contrôle, quoique ce ne soit pas la 1ere fois que je fasse une course où du matériel de sécurité est obligatoire (comme la SaintéLyon). Rapide contrôle donc, puis échauffement…..
Et là je réalise. IL FAIT FROID. VRAIMENT FROID. la température doit être négative (après vérification elle l’était, de l’ordre de -4°c) ça promet….
J’en profite pour serrer la main de Benos, un kikoureur que je reconnais à son buff rouge fort reconnaissable.
Coté matériel rien de bien remarquable pour cette sortie. A part un truc. Je suis équipé pour le coup des bidons supplémentaires qu’on voit nettement sur la photo du dessus. Ils ne sont clairement pas indispensables pour une telle sortie : il ne fait pas horriblement chaud, donc la perte en eau sera limitée. Au contraire même : le froid risque de rendre la consommation de leur contenu pas forcément idéale, coté gastrique. Je m’en apercevrai plus tard, mais en réalité ce sera bien pire….
Le but est simple : tester leur portage, positionnement, etc… tout ça en vue de la CCC. Le test de la boisson pour la Saintélyon m’ayant définitivement vacciné des tests de dernière minutes. Je prendrai le départ de la CCC avec du matériel, boisson, nourriture, testés et approuvés.
Il est 8h30. C’est parti ! On se positionne dans le peloton et je tend immédiatement la main à Virginie pour lui donner ma petite caméra dont je me sers habituellement et qui n’a pas voulu démarrer au départ. Pour la petite histoire, j’ai découvert dans la voiture, lors du retour, que j’avais inséré la batterie dans le mauvais sens. Vous verrez que c’est pas mon seul problème de batterie de la journée….
Une fois de plus…. on voit pas ma tronche sur la photo de départ ![]()
C’est peut-être pas plus mal me direz-vous….
La 1ere montée se passe pas mal. Je file au Puy de la Nugère a un rythme un peu moins élevé que prévu. En fait, j’avais prévu de partir trop vite, mais en réalité je me cale à un rythme qui sera celui de ma course. Ce sera donc à corriger pour la suite : je ne pars pas trop vite au départ, la foule ne m’emporte pas
La 1ère grosse vraie montée se passe ma foi pas trop mal. Les séances de fractionné montrent leur efficacité. La file interminable jusqu’au sommet ne s’étire pas d’un poil. Les gens patinent : je me sers efficacement des bâtons pour pousser. Bref, je double pas mal de monde dans cette montée avec la sensation de ne pas me griller pour autant.
Je croise Virginie sur une route (8.2 km, 1h04, vit. moy sur la portion 8.3 km/h). Je crois qu’un rdv n’était pas prévu ici. Ca fait donc doublement plaisir ! (en réalité c’est le Col de la Nugère, sur la carte). C’est là que je m’aperçois qu’il ne me sert à rien de garder les bidons. La boisson est totalement gelée dans les tuyaux. Je demande donc à Virginie de les garder avec elle dans la voiture, de les faire décongeler et réchauffer au maximum d’ici au prochain ravitaillement (le col de Seyssat).
Arrivée au sommet du Puy de la Louchadière (13.55 km, 1h53, vit. moy 7.5 km/h) 15 minutes de retard…. oups. Je crains de payer cher ma mauvaise estimation de ma vitesse de départ. Tant pis. Si je mène bon train, ça se rattrapera petit à petit.
La descente pareil : je laisse filer. Là encore l’entrainement paye. Je trouve les passages les moins glissants, j’évite la glace, les coins patinés. Je peux doubler encore et me laisser filer à mon allure. J’en profite pour croiser Benos qui vient de se prend une méchante gamelle sur le cul. Je ne crois pas qu’il se soit fait mal. J’lui lance une petite vanne de merde. Bon, sur le coup je me rend pas compte…. mais je crois qu’il aurait pu mal le prendre. Aller, c’est pas grave, l’homme a de l’humour et ne m’en tiendra pas rigueur. (surtout qu’il m’a doublé je sais pas où par la suite… sans doute à un ravito).
On sort des bois et là la neige commence à sérieusement tomber. Et ça ne s’arrêtera pas jusqu’à la fin.
Suit ensuite une portion plus roulante où je ne me sens pas des ailes. Ha décidément ces portions roulantes me font bien des misères… il faut que je travaille ces choses-là…. Et puis bon. Il fait froid, ça rentre partout dans ces portions roulantes où le vent est bien présent. Au moins dans les descentes/montées on est dans les forêts, bien protégés. Mais c’est pas une excuse.
L’arrivée au ravitaillement de Vulcania se fait sous les encouragements de Virginie (19.5k m,2h33, vit. moy 9.4 km/h). Je suis un poil congelé de m’arrêter. Mais bon, j’avoue que c’est le pied d’être là dans cette ambiance particulière qui font les trails sous la neige. Et finalement à bien y regarder on est quand même un paquet à prendre ce plaisir que certains qualifieront de maso. Mais si l’entrainement est suffisant, en fait ce n’est pas le cas.
On notera les cils et les sourcils…. gelés
Virginie m’indique que j’aideux minutes de retard par rapport à mon horaire prévu. C’est plutôt pas mal. En réalité j’étais au bon timing, à 30 secondes près. On peut pas mieux faire. Je prend donc un peu de boisson au ravito. Et pour une fois, avec du chaud. J’aime pas le thé mais là bon…. eau glacée + thé c’est parfait. Un bout de fromage, c’est pas mal, en plus il est bon. J’essaie d’avoir une petit mot gentil pour les bénévoles qui se pèlent le cul pour nous. Ils sont bien courageux.
Et en fait Virginie aussi…..
Bon, c’est pas le tout mais il faut y aller maintenant. Je repars très tranquillement pour faire descendre ce que je viens d’avaler. Je suis pas à ça près. Au bout de 200 mètres il faut que je me rende à l’évidence. L’inévitable arrive. Ca devait arriver. C’est le drame.
Il faut que je pisse.
Dis comme ça, c’est rien. Mais avec ce froid, ben popol il veut pas sortir. Alors il se fait tout petit. Je pensais pas que ça pouvait devenir si petit en fait………..
Donc voilà, on perd un peu de temps à se vider mais ça fait du bien. Et on repart. Encore. Le début est assez roulant, et je reste avec un petit groupe de coureur qui file bon train. C’est pas mal, ça me permet de relancer dans cette partie roulante où j’ai du mal à garder un bon rythme.
Puis viennent les 1eres montées jusqu’au Gd Suchet/Cliersou où le petit groupe s’étire. Un peu avant le Gd Suchet/Cliersou, je croise une fusée en sens inverse (j’apprendrai plus tard qu’il s’agit du 1er de la course) qui me prévient que la montée au Puy de Dôme est annulée. Bon. C’est décevant.
Cela m’est confirmé par Virginie qui se trouve au Péage où j’arrive avec 5 minutes de retard sur l’horaire (28 km, 3h40, 8.3 km/h). Il se trouve en plus que cela ne faisait pas 26.6km mais bien 28km. Quand je regarde ma trace GPS, à 26.6km j’était pile à l’heure… Comme quoi le rythme n’était pas si mauvais que ça. Il faudra que je pense à prendre en considération le fait que mes calculs de distance sont parfois pas très bons à priori. Mais bon, on est quand même proche de la vérité…
Arrivée au Péage
L’arrivée au col de Ceyssat est simple : frigorifiquante. Je suis gelé au plus profond de moi-même que même j’en frissonne rien que d’y penser. Je suis tout mouillé en dedans et tout transpirant et tout glacé. Coté horaire : 30.75 km, 4h13, 7.5 km/h. C’est pas mal. La comparaison avec les temsp prévu devient ardue. Puisque je devais être au col au bout de 5h12. On me dit que nous nous sommes épargné 1h de montée/descente. Donc globalement je suis une fois de plus pile poil dans les temps. Je bois encore un peu de chaud. Une barre de céréales avalée vite fait. Je ne pense qu’a une chose : repartir. Je m’étire quand même un peu car j’ai l’arrière des cuisses qui tire. Je n’aime pas ça du tout. Je crois que ça me rappelle trop une descente en haute montagne où j’ai souffert le martyr à cause de crampes à chaque pas dans une neige profonde (violons, merci).
Bref, le truc qui me fait devenir tout paniqué.
Y’a des réchauffés au col de Seyssat…
Là je réalise que l’annulation de la montée au Dôme est certes un peu décevante mais finalement pas si dénuée de sens. J’imagine que le chemin doit ressembler à une piste de skeleton.
Virginie me donne ici deux bidons tout réchauffés dont elle s’est occupé depuis la dernière fois. Je tâcherai de boire de très petites gorgées, toutes les 2 minutes environ, afin de ne pas laisser la boisson geler dans les tuyaux.
Je décide aussi avant de repartir de changer les piles de mon gps. Il a bippé plusieurs fois et je sais que quand il me dit de changer les batteries il faut le faire sans attendre. Changement des piles lithium en 4eme vitesse. Et là c’est le drame (suite logique de la poisse du camescope). Le GPS ne démarre plus. Zut de zut de merde. Bon, je ne veux pas perdre de temps et m’énerver. Je donne le GPS à Virginie et repars en me disant que je ferai le reste au feeling, ce sera pas plus mal comme ça….Et je lui rend finalement un bidon. Elle le réchauffera d’ici Vulcania. Un seul bidon suffira d’ici-là.
Filons ensuite dans une descente sympa comme tout où je me réchauffe mais alors vraiment pas vite. Je tente de ne pas me griller sans pour autant mollir. C’est dans cette descente qu’une douleur dans la fesse gauche se déclare. Elle descend dans la cuisse… Pas de doute c’est le nerf sciatique. Progressivement cette douleur disparait et….. comme par magie, réapparait dans le genou. Au moment où j’écris ces lignes le Docteur Florent a diagnostiqué une tendinite rotulienne. Manque d’étirements, un peu de surchauffe de la machine…. Bref. sur le moment ça me fait juste mal sous la rotule gauche, au tendon. Je commence aussi à réaliser que ma foulée un peu rude, sans souplesse, me pose là quelques problèmes : le sol gelé sur 40 mètres d’épaisseur (marseille, toussa) est aussi dur que du béton vibré. Ca me change des trails blancs dans 40 centimètres de neige et la douceur de son amorti.
Durant toute cette descente je bois très souvent mais peu, dans mon bidon. Mais rien n’y fait. L’eau gèle dans le tuyaux et je sens même ma dernière aspiration se terminer par un couic : l’eau a gelé en coulant dans le bidon !
Avant l’arrivée à Vulcania pour le 3eme ravitaillement. © GERENTE MARIETHE
A l’arrivée à Vulcania (39.3 km, 5h30, 6.7 km/h - environ, c’est une estimation) pour le dernier ravito je commence à faire part de mes doutes à Virginie, à propos de mon genou. Je crains de me faire mal en allant trop loin. Mais bon… au point où j’en suis. Et la douleur n’est pas si forte. Le froid et l’humidité renforcent ma perception négative de la chose, je le sais bien. Elle m’encourage donc à continuer (donc si j’ai encore mal c’est tout de sa faute hein).
On en profite pour vider mes bidons dans ma poche à eau. Car plus moyen de m’en servir, c’est pas la peine d’insister. Du coup ça a tellement gelé que de gros glaçons se sont formés dans le bidon malgré le mouvement permanent que la boisson subit en courant. 2 ou 3 (je ne sais plus précisément et vous m’accorderez qu’on s’en fout) gobelets de thé chaud par-dessus et hop, ça terminera bien la sortie sans tout geler dans le sac. Jusque-là ça n’a pas gelé. Enfin, à condition de bien mettre le tuyaux de la poche à eau dans la veste et non par-dessus.
Si l’on retire le temps qu’aurait dû me prendre la montée au Puy de Dôme et que l’on recalcule mes temps de passage sen conséquence (j’ai laissé Virginie faire le calcul, j’en étais incapable) il se trouve que je suis en avance de 15 minutes sur mon horaire. C’est vraiment encourageant ! Je m’étais forcé à ne pas…. forcer.
Virginie repartira avec mes bidons et deux bonhommes (!!!!!!!!!) abimés (ouf). L’un d’eux est totalement congelé, il claque des dents, des mains, des fesses. Le pauvre mec tremble comme un possédé. Le deuxième a mal à un genou. Il ne peut plus poser le pied par terre, presque.
Donc je repars non sans avoir avalé force fromage (j’ai une faim pas possible et pas trop envie de sucré), en claudiquant un peu…. Il me faut maintenant terminer les 15 km restants. Ce n’est pas tant que ça. Pourtant ça va être une belle galère.
J’essaye autant que je peux de tracer dans la montée du Puy des Gouttes. C’est vraiment une chouette trace : tout sur les bras. On pousse sur les bâtons et ça marche ! Le sommet est magnifique : le brouillard s’est un peu levé, la neige est partout, même dans l’air alors que le soleil perce. Quel plaisir d’être là ! Mais bon. Je ne traine pas : ma papatte me ralentit dans les descentes, faut pas mollir.
Une petite descente, une petite montée…. ça me fait du bien. Une descente encore jusqu’au col de la Nugère (47.5 km, 6h55, 5.45 km/h - environ, c’est une estimation) où je rejoins Virginie sans plus pouvoir courir sur le plat. J’ai la jambe toute raide, par réflexe.
Un ptit bisou qui guérit tout et hop on repart. Là j’ai droit à une ultime dernière montée pour me soulager le genou. J’essaye d’attaquer au maximum. Mes descentes en tortue m’ont tellement bien épargné que j’ai une patate pas possible. C’est rageant !!!!! Puis la dernière descente. L’ultime descente. Celle où on termine normalement comme sur du feu. Et moi j’me traine.
Bon, pour relativiser je ne suis pas seul : un compagnon d’infortune souffrant du même bobo au genou termine avec moi. On glisse, on se marre, on papote. Sans prise de tête, pour finir sans se détruire nos articulations respectives.
Je finis par le laisser filer devant, il a un peu plus d’envie je crois de finir en courant. Pour ma part, je reste prudent et puis je suis tout de même content de me sentir aussi bien physiquement même si ce genou m’empêche de tout donner.
A 3 kilomètres de l’arrivée, dès les 1ers goudrons. LA surprise. V’la-t-y pas que ma petite femme est viendue me chercher !!!!
On termine donc en papotant. C’est vraiment agréable
Merci
Je la laisse filer en prenant un raccourci pour pouvoir faire quelques photos de l’arrivée.
55 km, 8h19, 5.36 km/h - environ, c’est une estimation
L’arrivée !
Le manger, c’est par là !!!!
Bon manger, boooooon !!!!!!!
Quelles conclusions tirer de ce trail ?
- j’estime assez bien ma vitesse. Je dois commencer à me connaitre.
- j’ai un genou à changer.
- l’eau ça gèle quand il fait froid.
- on a soif quand l’eau est gelée et qu’on peut pas la boire.
- c’est trop le pied de voir sa Nini un peu partout sur le parcours.
- j’ai encore besoin d’entrainement pour la CCC mais ça va venir !!!!!
- 185 eme sur 210 arrivants. satané genou (faut bien une excuse
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