EDIT du 30/12/2010 : mon inscription pour 2011 est faite…. une vidéo, sans doute un peu mieux que celle de 2009, sera faite, c’est promis ;-)

Pour les fainéants et les pressés y’a une vidéo à la fin.

Mais bon, vous raterez la lecture de ce CR qui est quand même un pur moment de bonheur. Hé !  C’est moi que je l’ai écrit !

Voilà un trail pour lequel je ne me suis décidé que la veille.

En fait j’ai réalisé que la sortie escrime avec les enfants prévue le dimanche était reportée au samedi et que ça ne pouvait pas se faire. Du coup j’étais dispo pour le dimanche.

Rapide coup d’oeil sur le calendrier kikourou. Et là pouf !

Pilat Winter Trail !!!

31 km pour 1050m de D+. Une belle boucle dans la neige, comme on les aime !

Course trail Marlhes 24-01-2010

Donc me voila parti pour m’inscrire le samedi fin de journée…. avec des inscriptions closes par internet le vendredi. Gros stress.. je fais des emails, etc… coup de tel. Rien ne passe, je suppose à juste titre que l’organisation a d’autres chats à fouetter ! Et je les comprend bien.

Bref, sur kikourou on me conseille de venir quand même, qu’il y aura de la place, etc.

Au lit à 0h30, levé à 5h30. Ca fait court, mais ça ira…. après tout quand je me lancerai sur l’UTMB (un jour) je ne dormirai pas beaucoup non plus durant la course. Autant s’y habituer et puis on ne vit qu’une seule fois….

Sur place dès 7h je suis là dans les tout premiers pour m’inscrire (y’a de la place !!!! ouf !!!) et prendre mon dossard.

34 euros l’inscription. C’est pas donné mais on repart avec un superbe porte-bidon raidlight (pas de soucis, je vais me lancer dans une série de billets sur le matériel…. je ferai des photos et tout que je mettrai aussi ici d’ailleurs) et une « éco-tasse ». Un gobelet pliant qui sert à boire aux ravitos car il n’y a plus de gobelets en plastique (pollution, économie, toussa). Et c’est très bien ainsi.

Je commence donc à me préparer, super tranquillement : Voltarène sur la cheville + strapping (soyons prudent vu le terrain), habillage, échauffement, etc.

Quelques rencontres qui font super plaisir avec quelques kikourous, l’occasion de commencer à se croiser, mettre des visages sur des pseudos, etc.

Super, nickel, le bonhomme est prêt, le matériel pareil…

Objectif : finir. en moins de 6h. J’espère plus proche de 5h, que de 6h.

Course trail Marlhes 24-01-2010, Altitude - Distance

9h, le départ est donné.

Ca va pas mal, j’essaie de ne pas m’emballer. Rester zen mais pas trop : j’ai remarqué que je pars souvent super lentement (pour ne pas me griller) mais que je termine totalement à l’ouest niveau chrono sans pour autant avoir pu tout donner….

Je me retrouve donc avec deux mecs très sympas qui ont un rythme excellent (pour moi). Pas trop rapides, je peux suivre, mais le mouvement est bien emmené quand même.

La course suit son train sans souci, le parcours est merveilleux. La neige est dure, elle supporte mon poids et ne s’écroule pas trop. Je suppose que ce ne sera pas le cas plus tard…. quand la température sera remontée un peu.

La 1ere grosse montée s’effectue à un bon rythme. Et là les premiers du 24km nous doublent a une vitesse folle !!! Vraiment ces types ont une caisse pas croyable… Mais enfin, ils ne l’ont pas trouvée sous leur lit : j’ose à peine imaginer l’entrainement nécessaire…

Autour du 15eme kilomètres, mes collègues du début prennent le large. Je refuse de me griller sachant que, de mémoire, le profil annonçait une deuxième montée et surtout une grosse descente derrière.

J’ai bien commencé les entrainements en descente. Et je sais que ces foutues cuisses sont mises à mal dans les descentes, surtout qu’avec toute cette neige ça risque d’être plutôt… donc : en garder sous le coude.

Ils s’envolent donc vers l’avant. Pour ma part je prend le temps de ralentir quand c’est nécessaire pour boire et m’alimenter : impossible de tenir le rythme en ne respirant que par le nez avec la boisson (glacée) dans la bouche. Il faut pourtant la garder un peu pour la réchauffer, sans ça, je vais me foutre un mal de bide que je regretterai plus tard…

C’est autant de temps de perdu, du coup. Mais les plus expérimentés le disent : c’est du bénéfice pour après… on est pas déshydraté et on peut continuer à rouler.

J’enchaine les montées et les descentes plus softs…. Tout se passe pas trop mal. Arrivé au 2eme ravitaillement je chausse les Yaktrax. Je le regrette amèrement. Non pas de les mettre mais de ne l’avoir fait plus tôt : pour une même foulée, une même avancée, mon effort est un bon milliard (rien de moins) de fois moins important !!!! Quelle burne je fais….

Bref, je repars en regardant le chrono. Et là je réalise un truc. Si je m’active le gras, je fais moins de 5H. Enorme, inespéré….

A partir de là je vais tout donner. Comme dans les films où le mec il court au ralenti, avec la musique qui fait des frissons. Tout pareil.

Pour la 1ere fois dans une course, les rôles s’inversent : c’est moi qui double. Dans les descentes ET les montées. J’envoie la purée, je balance la sauce, ça déboite du string, le Florent il est à fond, cours Forrest ! Cours !!!

Si je ne me plante pas, c’est entre le 21ème et le 22ème kilomètre que je rejoins mes deux compères. Celui avec lequel j’ai le plus discuté semble boiter… Je m’inquiète un peu. Bon il me dit que non, ça va… il est juste vidé, plus de jus….

Là je réalise que bon. Ecouter les autres ça sert : ne pas se pourrir tout de suite, boire et manger, pour durer.

24ème kilomètres je sais qu’il ne me reste plus que de la descente (pas tout à fait) mais bon, je ne le savais pas…..

Donc je pars, comme une balle de fusil… Bordel de bordel de bordel !!!!

Je me laisse totalement aller dans la descente, essayant de me remémorer les descriptions que certains font de la descente de Dachhiri Dawa Sherpa : une course fluide, sans à-coup, en harmonie avec le terrain, totalement relâchée.

Le Florent d’il y a 15 ans est de retour et il envoie grave la purée !

Bon…. soyons honnêtes deux minutes voulez-vous. On va pas s’mentir…. J’ai pas été élu pour raconter des bobards aux Français, mam’ Chabot : je suis pas Dachhiri Dawa Sherpa. J’en ai bien conscience. Mais les sensations sont là : je ne subis pas la descente. C’est 100% pur plaisir que de se laisser aller comme ça.

J’espère à ce stade que personne ne m’ayant vu ne viendra me dire qu’en fait non, c’était moche, je descendais comme une enclume et va te coucher dans ta niche. J’aimerais rester avec mes illusions, merci.

Et ça marche : je laisse encore pas mal de monde derrière (c’est relatif, mais le simple fait de ne pas être doublé est une vraie révolution pour moi). Bon, les yaktrax font leur effet… ça permet quand même d’y aller en toute confiance, faut l’avouer. Mais pas de douleur dans les chevilles, ni les genoux, ni les cuisses.

Je suis un mec d’assez loin qui a le même rythme et semble prendre le même plaisir a se laisser aller… Pour finir il me larguera quand même bel et bien : la descente se fait moins raide et je n’arrive plus à suivre son rythme dans les portions où la vitesse ne se fait plus que par la gravité.

Un coup d’oeil au chrono et là je me met à frétiller : je suis descendu a ujn rythme vraiment… disons… intéressant : je peux viser moins de 4h30 ! Totalement inespéré. On va mettre ça sur le dos de l’entrainement, ça motivera pour la suite :-)

Dernier ravitaillement où, une fois de plus, les formidables bénévoles (qu’ils soient encore une fois ici vivement remerciés pour leur dévouement, leur bonne humeur et leurs sourires) me tuyaute sur la suite : une dernière montée à tenir, puis dernière descente, dès que la neige est finie je peux retirer les yaktrax, et finir sur la route.

Ce que je fais en pensant à eux : j’aurais sûrement fini en yaktrax de peur de tomber sur une nouvelle portion de neige…

Je double encore quelques personnes et finit la course dans un sprint de tout les diables à me battre contre le chrono dans le but d’arracher ça en moins de 4h25, ce que je fais en 4h21 !

Une pure satisfaction, plaisir et tout ces mots de ce genre.  Les rencontres, le parcours, la neige, les sensations, le chrono… TOUT y était !!!!

Je le sais maintenant : il faut que j’apprenne a aller plus vite dans les montées. Ca me prend beaucoup trop de temps, par rapport aux descentes. Moins de 4h sur un tel parcours c’est à ma portée. Quand je pense aux 1ers/1ères qui mettent 3h voire moins ! Respect ;-)

Aller, pour finir, voici une vidéo faite avec quelques prises réalisées durant la 1ère heure de course. C’est fait avec l’iphone et en courant, donc un peu d’indulgence.

Un sakavhomi sera sans doute utile pour les plus sensibles…. (promis la prochaine fois je laisse tomber l’iphone et je me contente du mini camescope. Tout n’en sera que meilleur….

Une réponse à to “24/01/2010 – Pilat Winter Trail – 31 km – 1050m D+/D – 4h21”

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